Douze agents russes inculpés pour piratage des ordinateurs du clan Clinton en 2016

Hilarie Clinton et Donald Trump

Un grand jury fédéral américain a inculpé 12 agents des services russes de renseignement militaire qui auraient piraté les réseaux d’ordinateurs de la candidate démocrate à l’élection présidentielle de 2016, Hillary Clinton, ainsi que du Comité national du Parti démocrate.

Ces inculpations ont été demandées par le procureur spécial Robert Mueller, a annoncé vendredi le département américain de la Justice. Le procureur enquête sur une ingérence russe dans le scrutin de novembre 2016 remporté par le candidat républicain Donald Trump.

Les 12 Russes auraient « comploté pour obtenir un accès non autorisé aux ordinateurs de personnes ou d’entités américaines impliquées dans l’élection présidentielle américaine, voler des documents à partir de ces ordinateurs et organiser la publication de documents afin de s’ingérer dans l’élection », selon l’acte d’accusation.

Ils auraient installé des logiciels pour espionner les usagers et consulter leurs courriels, entre autres. Ils auraient ainsi obtenu des informations sur quelque 500 000 électeurs.

L’acte d’accusation n’allègue toutefois pas que les piratages auraient compromis le dépouillement des votes ou que des Américains étaient en contact avec les agents russes accusés.

« Internet permet à des adversaires étrangers d’attaquer les Américains par des manières nouvelles et inattendues », a souligné Rod Rosenstein, procureur adjoint des États-Unis. « Des élections libres et justes sont durement gagnées et contentieuses, et il y aura toujours des adversaires qui tâchent d’exacerber les différends intérieurs et qui tentent de nous confondre, de nous diviser et de nous conquérir. »

Un mode opérationnel bien huilé

Le document d’accusation déposé vendredi contient de nombreux détails sur l’intervention des pirates.

On apprend ainsi dans le dossier de 29 pages qu’il y avait deux équipes de pirates du renseignement militaire russe, dont on connaît même les adresses à Moscou.

Le 19 mars 2016, un des Russes accusés aurait envoyé un faux message à la messagerie personnelle de John Podesta, alors président de l’équipe de campagne d’Hillary Clinton. La tactique, connue sous le nom d’« hameçonnage », consiste à maquiller un message pour qu’il ait les apparences crédibles d’un fournisseur de service, dans ce cas-ci Google.

M. Podesta aurait cliqué sur ce lien et fournit son mot de passe, pensant sécuriser son compte, mais donnant plutôt, du coup, les clés de sa messagerie aux pirates.

Les équipes du renseignement russe auraient aussi, pendant des mois, tenté d’infiltrer les comptes des membres de l’équipe démocrate, en créant de faux utilisateurs.

Un employé d’une organisation démocrate, lui aussi victime d’hameçonnage, aurait permis aux pirates d’installer des logiciels malveillants sur 33 ordinateurs, transmettant des copies des écrans aux pirates et leur permettant de fouiller les disques durs.

Le Parti démocrate s’est rendu compte qu’il était victime de piraterie en mai 2016, mais des virus sont restés cachés jusqu’en octobre.

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Les pirates ont attendu plusieurs mois pour partager leur cueillette et ont de nouveau créé de faux utilisateurs afin de transférer les données à WikiLeaks. L’organisation, connue pour la transmission de dossiers confidentiels, a publié les documents en juin 2016.

La relation américano-russe mise à mal

L’annonce de ces accusations intervient trois jours avant une rencontre entre Donald Trump et son homologue russe, Vladimir Poutine, à Helsinki, où les deux responsables devraient évoquer les allégations d’ingérence russe.

Peu avant l’annonce, vendredi, Donald Trump se désolait à nouveau que l’enquête entrave ses tentatives d’améliorer les rapports diplomatiques avec la Russie.

« Nous avons un problème politique où, vous savez, aux États-Unis, nous avons une idiotie en cours. Une pure idiotie », a-t-il lancé, en référence à l’enquête menée par M. Mueller.

Ça rend les choses très difficiles pour faire quoi que ce soit avec la Russie.

Donald Trump

La Russie est accusée d’avoir orchestré des piratages informatiques qui ont mené au vol et à la publication de milliers de courriels de responsables démocrates, brouillant le message de la candidate Hillary Clinton. Moscou réfute toutefois ces accusations.

Jusqu’ici, 20 individus et trois entreprises avaient fait l’objet d’accusations dans l’enquête Mueller.

Parmi eux : quatre personnes qui avaient été employées par l’équipe de campagne de M. Trump ou la Maison-Blanche de même que 13 Russes qui auraient participé à une opération sur les réseaux sociaux visant à influencer l’opinion publique américaine avant la présidentielle de 2016.

Le Kremlin dénonce les accusations

Les autorités russes n’ont pas tardé à dénoncer ces mises en accusation. Le ministère des Affaires étrangères a affirmé, par communiqué, que ce nouveau développement dans l’histoire de la présumée interférence russe lors de l’élection américaine de 2016 n’avait pour autre but que de « gâter l’atmosphère » de la rencontre prévue entre MM. Trump et Poutine.

Le Ministère blâme « des forces politiques d’influence aux États-Unis, qui s’opposent à la normalisation des relations entre [leurs] pays et qui conçoivent de flagrantes calomnies depuis deux ans ».

Il est regrettable que la circulation de fausses informations soit devenue la norme à Washington, et que des accusations soient portées pour des raisons politiques évidentes.

Extrait du communiqué du ministère des Affaires étrangères russe

La Maison-Blanche a confirmé que la rencontre entre Donald Trump et Vladimir Poutine aurait lieu comme prévu en dépit de ce nouveau chapitre de l’enquête.

 

Texte: ici.radio-canada.ca

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