La diffusion des métastases mieux comprise
La propagation du mélanome malin, un cancer de la peau, est maintenant mieux comprise grâce aux travaux de chercheurs français.
L'équipe du Dr Alain Mauviel de l'Institut Curie a observé un mécanisme moléculaire impliqué dans la capacité de développement et de dispersion des métastases de ce mélanome cutané.
Cette découverte pourrait éventuellement servir à développer des tests de surveillance de l'évolution de la maladie et permettre la création de traitements plus ciblés, affirment les auteurs.
Le mélanome cutané représente environ 4 % des cancers de la peau. Il est responsable de 80 % des décès lies à un cancer dermatologique en raison de son aptitude à évoluer rapidement vers des stades métastatiques.
L'exposition aux rayons ultraviolets est la principale cause de cancer de la peau. Les rayons altèrent les cellules de la peau, qui disposent de mécanismes de réparation des dommages, qui ne sont cependant pas inépuisables. Ainsi, des expositions répétées finissent par endommager la peau. Des altérations dans l'ADN peuvent ensuite se produire et favoriser l'apparition du cancer.
La découverte
Chez le rat, les chercheurs ont observé le rôle de la protéine GLI2 dans la progression du mélanome. Ils ont constaté qu'elle est directement impliquée dans la perte de synthèse de molécules qui permettent aux cellules d'adhérer les unes aux autres.
Ainsi, la protéine GLI2 favorise le potentiel invasif des cellules cancéreuses en soutenant leur capacité à se propager dans l'organisme et à former ainsi des métastases osseuses.
L'équipe a également observé que, chez l'humain, les niveaux de cette protéine sont plus importants dans les tumeurs les plus agressives et les métastases.
Le Dr Mauviel et ses collègues tentent maintenant de vérifier si l'utilisation de la protéine GLI2 peut servir de marqueur de la progression du cancer. Ils veulent aussi savoir sa valeur comme cible thérapeutique.
Le détail de ces travaux est publié dans le Journal of the National Cancer Institute (JNCI).